Espèces invasives
La Corbicule
Pour les courageux qui nagent à St Cyr ou ceux qui courent autour du lac, avez-vous remarqué les petits coquillages blancs qui pullulent sur les rives ?
Ce sont des Corbicules ou Palourdes Asiatiques.
Mollusque marin qui s’est adapté à l’eau douce, la corbicule est une petite palourde d'environ 3 cm, avec une coquille jaune pâle ornée de stries.
Corbicula fluminea est originaire du sud-est de l'Asie où elle est cultivée et vendue comme fruit de mer à Hong-Kong, Taiwan, au Japon, aux Philippines.
Arrivée dans l’eau des ballasts des bateaux, son introduction s’est faite par les estuaires comme celui de la Dordogne dés 1980 et 20 ans lui ont suffi pour coloniser la totalité des bassins hydrographiques français.
Elle sécrète un pseudo byssus grâce auquel elle se fixe au substrat, aux coques des bateaux et sans doute aux pattes des oiseaux migrateurs. A St Cyr, elle nous est tombée du ciel.

Cette colonisation d’espèces invasives a quelques conséquences. Ces coquillages supplantent les espèces locales, favorisent les prédateurs qui s’en nourrissent, engorgent certains cours d’eau et canalisations par leur densité incroyable.
La corbicule pullule sur les bords de Loire. Elle fait le régal des rats musqués et parfois du silure. Un point positif : en filtrant l’eau pour se nourrir, elle contribuerait à son éclaircissement.

On assiste, parallèlement à son expansion, à l’accroissement de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques plongeurs qui se nourrissent du coquillage.
Fugule miloin
Fuligule morillon

Foulque macroule
Si les eaux du lac de St Cyr sont correctes pourquoi ne pas lancer sa culture avec nouvelles recettes au menu du golf :
linguines aux palourdes du lac, risotto de St Cyr. Ce serait d’un chic !
Les recettes de terroir peuvent évoluer avec ces invasions contre lesquelles on ne peut pas grand-chose. Utilisons ces nouveaux venus. Les pêcheurs à pied profitent bien de la colonisation de nos côtes par les huîtres japonaises échappées des élevages et favorisées par le réchauffement.
Pourquoi pas les palourdes d’eau douce (pas terrible sans iode ?)